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Nœuds / Nouages


Le 30 novembre 2007, de 15 h à 21 h
27 rue Boyer 75020 Paris (boutique)

Autour d’une installation de KIM SANG LAN

Nœud/ nouage, symbole culturel et pratique artistique

Etrange statut que celui du nœud dans la culture occidental. Les Grecs de la période archaïque voyaient la mort comme un fil qui se noue autour de l’individu. Le trépas est le moment où le souffle vital ne passe plus, la strangulation est un nouage. Assimilé à cet univers morbide, le nœud est vite apparu comme un danger, un piège ou une pesanteur dont il fallait se libérer soit par le dénouement soit par la section. En coupant les nœuds, nous reviendrons au fil, à la ligne, à une linéarité salvatrice. Le dénouement serait promesse de libération, voire de guérison, grâce à lui nous approcherions le rêve d’une vie sans attaches, sans pesanteur.

Cette conception de la légèreté, les cultures extrême-orientales (Japon, Chine, Corée) ne la partagent pas. La pratique du nœud, tel qu’en témoigne le travail de l’artiste coréenne Kim Sang Lan, est non seulement un art traditionnel mais il est également un exercice, toujours renouvelé, de libération.

La vision orientale est radicalement différente, la pratique du nœud est le signe de l’acceptation et de l’approbation de la courbe et du détour, là où la philosophie occidentale, depuis Platon, a privilégié, ne serait-ce que dans la conception du temps, la linéarité et la verticalité. La droiture et la fixité acquirent des lettres de noblesse au détriment de la courbe et l’oblique, reléguées au rang de sophisme, de porteuse d’illusion, voire de tromperie.

Le nœud est, en réalité, une entité fondamentalement ambivalente.

On peut, en effet, considérer que nouer c’est aussi faire des liens. S’il est un instrument de prédation, le nœud est aussi un moyen de connaissance et de reconnaissance. La connaissance peut tout à fait être envisagée comme l’art de relier des éléments. Reconnaître consiste à saisir les attaches, à renouer. L’importance symbolique du nœud est donc capitale.

Enlacer, entrelacer, entremêler, ne trouve-t-on pas dans ce vocabulaire manière à exprimer éros, le désir ? L’entrecroisement des fils, était pour les Grecs de la période archaïque, le symbole de l’union sexuelle.

En réhabilitant le nœud et le nouage, nous prendrons le parti de la courbe, de l’entrelacs, de l’attache, plutôt que celui de la ligne, de la séparation, et du détachement.

François Dingremont

Rencontre avec l’artiste et interventions de :

Kim Young-Kyang de Montebello, psychothérapeute : L’art des nœuds coréens, le maedeup

François Dingremont *, esthéticien : Le nœud dans l’imaginaire de la Grèce archaïque (Homère, Hésiode)

Christophe de Vareilles *, peintre, art-thérapeute : Renouer
Jean-Pierre Klein *, psychiatre, essayiste : L’art-thérapie n’est pas un dénouement

Rencontre co-organisée par L’Institut National d’Expression, de Création, d’Art & Transformation / iNECAT et L’institut franco-coréen
*Professeurs à L’iNECAT
Métro : Gambetta (sortie Martin Nadaud), Ménilmontant. Autobus : 61, 69, 95, 26

  • Soo-Suk
 


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